Monnaie complémentaire
L’apport des monnaies complémentaires
23 janvier 2016
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Et si l’Euro ne répondait pas à l’ensemble des besoins d’échanges économiques ?

Au delà des discussions sur le bien fondé de l’euro vs monnaies nationales, d’autres réflexions (bien plus anciennes) portent l’idée de créer des « monnaies complémentaires » venant soutenir le développement économique et social des territoires. 

Une monnaie est censée remplir 3 fonctions distinctes :

  • être un intermédiaire des échanges
  • être une réserve de valeur
  • être une unité de compte

On considère donc comme une monnaie un « moyen d’échanges standardisé généralement accepté dans une société donnée » (B. Lieater).

Une monnaie complémentaire remplit des fonctions que les monnaies officielles ne sont pas en mesure de remplir ou qu’elles ne remplissent que partiellement.

  • Elle favorise des échanges spécifiques (ex Economiques avec le Wir Suisse qui privilégie les échanges entre les entreprises du territoire, Citoyens avec le SEL ou l’Accorderie, qui favorise les échanges de temps et de services entre les membres d’un réseau, locaux avec le SOL ou le Chiemgauer privilégiant la consommation auprès des commerces de proximité)
  • Elle réunit des personnes ou/et des entreprises adhérentes à un réseau ou à une association porteuse de valeurs
  • Elle n’a pas vocation à supplanter la monnaie nationale mais à la « compléter »

 

On dénombre aujourd’hui plus de 5000 monnaies complémentaires au niveau mondial, qui peuvent être réparties en 3 principaux types, les monnaies pouvant être concernées par plusieurs catégories (monnaies à vocation économique, communautaire, sociale ou territoriale).

 

Certains outils ou dispositifs (comme les Smiles, la Carte M’RA en Rhône-Alpes) sont en réalité des « monnaies complémentaires » très largement utilisées.

En suisse, le WIR est une monnaie d’échanges économiques créée en 1934 réunissant 60 000 PME (1 entreprise sur 5 en Suisse) et réalisant 1,3 Milliards de transactions annuelles : cette monnaie permet de stabiliser les variations de change, favorise les transactions entre entreprises du territoire et améliore, en temps qu’instrument de crédit, la situation de trésorerie des entreprises utilisatrices.

 

La Région Rhône-Alpes, ainsi que certaines agglomérations (Lyon, Grenoble, Chambéry, Romans…) soutiennent dores et déjà des initiatives locales portant des monnaies complémentaire à vocation sociale et territoriale (Accorderie, SOL,…) et réfléchissent à la création d’une monnaie complémentaire économique.

 

Didier Tcherkachine Argo&Siloe Mars 2012